Publié par DecereBrain
Tue, 15 Jan 2008 12:07:00 GMT
J’ai déjà, dans un précédent billet, donné mon avis sur le dernier documentaire en date de Michael Moore, intitulé Sicko.
Globalement, j’ai jugé ce film très instructif mais beaucoup trop partial, et beaucoup trop peu documenté.
J’ai également pointé du doigt un certain nombre de libertés prises avec la vérité ; non pas que j’accusais Moore de mentir pleinement, mais certaines omissions coupables sautent aux yeux à la vue de ce documentaire.
Or, Michael Moore est un menteur.
C’est lors du dernier meeting 2600 Lille, pendant que je discutais avec un nouveau venu qui a passé un an au Québec (et qui a participé au 2600 Montréal) que la supercherie m’a été dévoilée : il n’y a pas de système de santé socialisé au Canada.
Je répète : le Canada ne possède pas de système de santé socialisé. Le domaine de la Santé est délégué aux différentes provinces, et certaines provinces, comme le Québec par exemple, se sont dotées d’une sécurité sociale.
Dans le film, Moore montre une femme qui passe la frontière avec sa fille pour se faire soigner au Canada, très probablement dans la province d’Ontario, province frontalière de l’Etat du Michigan qui possède également une sécu. Cela ne veut en aucun cas dire que tous les Canadiens peuvent bénéficier de ce genre de prestations, ni que des Américains passant la frontière à un autre endroit, mettons dans la province de l’Alberta (pour aller dire bonjour à Theo) auront accès à ce genre de facilités, dans la mesure où il n’y a pas de sécu en Alberta !
Que Moore “oublie” d’éclairer certains points des systèmes de santé Français ou Anglais, passe encore, sachant qu’il doit traverser l’Atlantique pour enquêter. Mais je ne vais pas gober que Moore se plante aussi sur le système de santé du pays qui se trouve à quelques kilomètres à peine de sa ville natale de Flint, Michigan !
Bref, Sicko est un documentaire bien plus rempli de démagogie que je n’en n’avais détecté à première vue, et cela semble intentionnel. Il a intérêt à arrêter ce genre de conneries, parce que le Festival de Cannes ne pourra pas le protéger bien longtemps…
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Publié par DecereBrain
Fri, 31 Aug 2007 10:10:00 GMT
Je vois, dans l’oeuvre de Michael Moore trois aspects distincts se mélangeant, donnant l’alchimie qui fait de ses documentaires les réussites mondiales qu’ils sont.
Le premier, c’est bien entendu le travail de journaliste. Car Michael Moore a prouvé qu’il est un excellent journaliste, rapportant des faits, et montrant des preuves imparables, et des témoignages fiables. Un film comme Bowling for Columbine se tient car chacun des entretiens qu’il montre, de Marylin Manson à Charlton Heston, font avancer le débat. C’est également flagrant dans son livre Dude, where’s my country ? (paru en 2004), où il ajoute à chacun des faits qu’il décrit, à chacune des preuves qu’il avance, les références exactes (dont beaucoup d’adresses de documents web) des documents sur lesquels il base son propos, voire son analyse.
Le deuxième, c’est l’homme engagé. Car oui, on peut être un vrai patriote osant répéter à qui veut l’entendre qu’on aime son pays et qu’on n’y voit aucun mal, et être de gauche. Et en plus, non seulement c’est un mec de gauche, mais c’est surtout un mec de gauche qui a des couilles, chose impensable dans ce pays du Tiers-Monde qu’est la France (j’y reviendrai). Fahrenheit 9/11 est une charge féroce contre Georges Walter Bush et son administration par exemple. Il a d’ailleurs appelé à l’intervention de l’ONU suite à ce qu’il n’hésite pas à nommer, sur le ton de la rigolade toutefois, un coup d’état.
Enfin le troisième aspect que je vois dans ce que fait Moore, aussi bien dans son oeuvre cinématographique de documentaires que dans ses émissions pour la télévision, c’est l’homme proche du peuple. C’est ce “populisme” qui fait de lui un mec attachant, et qui lui donne la légitimité nécessaire pour s’attaquer aux grands au nom des petits. Mais c’est ce même “populisme” qui est le point dangereux, le maillon le plus faible de l’édifice qu’il construit depuis presque vingt ans : à trop vouloir émouvoir son audimat, il risque de plonger tête la première dans un discours démagogique du plus mauvais effet.
Et c’est là où le bât blesse : Sicko verse beaucoup trop dans la démagogie, voire dans le mensonge.
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