Sur la régularisation des "sans-papiers".
Publié par DecereBrain Wed, 03 Oct 2007 15:09:00 GMT
“Ces types qui gueulent dans la neige,
Le ventre ouvert parmis des mécaniques défoncées,
Ces esclaves qu’on pousse sur les routes à coups de crosse,
Et nous autres qu’on a mis à pourrir là,
Dans ce village de barraques hayonneux et désespéré,
Le centre de cette Europe de neige et de nuit.”
Serge Teyssot-Gay, Leur Europe
“Keep banging on the walls
Of Fortress Europe !”
—Asian Dub Foundation, Fortress Europe
“Nous travaillons actuellement pour l’Europe,
Voire pour le monde.”
—Noir Désir, L’Europe
Je vous ai, chers spectateurs, promis il y a deux jours une “tentative d’élargissement du débat par construction d’un point de vue hacker/cyberpunk sur la question” de la régularisation des sans-papiers. La voici.
Dire qu’une culture, qu’une façon de penser est viable, c’est dire qu’elle embarque la métaphysique et la politique (en un mot, la philosophie) nécessaire à une vision large et profonde des événements et de la vie. Dire qu’une culture est viable c’est pouvoir exprimer un avis clair et distinct de ceux provenant d’autres cultures, concernant un maximum de choses. En me réclamant hacker ou encore cyberpunk, et en clamant qu’il s’agit là d’une vraie culture portant un message clair exprimé dans l’art et transposable en philosophie, je m’oblige à être capable de décrire n’importe quel événement dans une perspective de hacker, une perspective cyberpunk. C’est être en mesure d’interpréter chaque fait comme partie d’un tout, d’en exprimer clairement les causes et les effets. C’est détenir et donner une infime partie de la vérité. Loin de n’être qu’un exercice réthorique/discursif, il s’agit d’une véritable profession de foi : affirmer au yeux du monde ce que l’on pense, la façon dont on décrypte le monde, exposer à ses semblables la fraction de vérité que l’on détient, participer à l’histoire des hommes (pour le pire, et pour le meilleur). Voilà l’un des buts de mes prises de parole qui se découvre : plus que tout, oh oui, plus que tout au monde, je souhaite l’établissement de la vérité. Ce web log est, au moins en partie, une quête d’absolu.
Qu’il en soit donc ainsi de ce billet, et de ses suivants.
La première des choses à dire est qu’il m’est inconcevable ne ne pas régulariser la situation des immigrés clandestins, au moins (et c’est un strict minimum) celle des personnes “intégrées” à la société française (non, cet ajectif n’a plus aucune valeur depuis au moins trois siècles, depuis en fait que la France, alors véritable puissance (coloniale), a entamé sa lente et douloureuse descente aux Enfers ; préférons l’ajectif européenne) et ce depuis quelque date que cela soit (en effet, fixer une durée minimale d’intégration dans un groupe donné n’a pas de sens dans une société où certains y entrent par naissance et la quittent par la suite ; il existe d’ailleurs pas mal d’européens “de souche” dés-intégrés à la société européenne).
Régularisons les “sans-paiers” donc. Tous les sans-papiers.
Cela constiruerait un début, quoique pas une première : la Belgique l’a déjà fait. On pourrait chipoter en arguant que de toute façon le problème principal de la Belgique, c’est le peuple Belge, pas ses immigrés, au contraire. Ce à quoi je répondrai par ceci : ah bon, les français seraient donc meilleurs que leurs immigrés ? Le peuple français ne serait pas le principal problème de la France ? Allons, soyons sérieux une minute. Si tant de peuples trouvent l’attitude française scandaleuse, c’est très probablement parce qu’il est mal venu pour un pays du Tiers-Monde de se comporter comme un pays puissant…
D’un point de vue économique, la régularisation de tous les sans-papiers, c’est chiant. Mais, simple question, en passant, depuis quand les structures étatiques doivent-elles se plier au simple respect des lois économiques globales ? Si c’est le cas, je veux dire si les économistes dirigent le monde à la place des politiciens et des philosophes, à quoi sert un état ? Où se trouve l’égalité entre les hommes si l’on décide de faire deux catégories (les immigrés et les non immigrés), de leur affecter des droits différents et donc d’introduire des inégalités ? Ce principe-même ne serait-il pas contraire aux droits de l’homme de la célèbre Déclaration de 1793 ?
Les économistes sont utiles à toute société globale, tout autant que les sportifs, les militaires ou les artistes. Juste utiles, voire nécessaires dans certaines circonstances, mais jamais à plein temps. Donner aux économistes ne serait-ce qu’une partie du pouvoir revient tout simplement à nier la nécessité d’une structure étatique.
Partant de là, et comme nous savons tous très bien que les économistes sont déjà bel et bien aux commandes du monde, et ce depuis un bon bout de temps, et pour lontemps encore (Hitler rêvait d’un règne de mille ans, il était trop con pour l’avoir, il a raté le coche ; là par contre, mille ans semble une estimation pour le moins légère de la durée du pouvoir capitaliste-mafieux global que les auteurs cyberpunks ont prédit il y a plus de vingt ans), conclure que les états ne servent plus à rien car il ne servent plus l’intérêt commun est trivial. Cela fait d’ailleurs partie des thèses cyberpunk fondamentales : les structures étatiques ont été surclassées par des groupes financiers transnationnaux massivement mafieux, et sont donc complètement à leur botte. Des grouvernements fantôches succèdent à d’autres gouvernements fantôches.
Donc, si le gouvernement ne souhaite pas régulariser les “sans-papiers”, et va même jusqu’à l’utilisation de la violence contre des grévistes de la faim affaiblis et incapables de résister, c’est que l’intérêt économique est clair. Tout est parfaitement clair. Rien, politiquement et, de manière plus générale, philosophiquement, rien ne justifie ce flagrant refus de justice. Mais économiquement oui, ça se tient.
“Aujourd’hui les politiques n’ont plus que le pouvoir de nuire et de ralentir les mutations. Mais comme toutes les espèces condamnées, ils ignorent encore ce qui les attend. Leur ordre moral est voué à la disparition pure et simple.”
Maurice G. Dantec / No one is innocent, Nomenklatura, sur l’excellent album Utopia.
Et ce qui les attend, c’est le take over mafieux, quand ils seront définitivement jugés inutiles. La disparition pure et simple, oui c’est exactement ça, par dissolution dans l’acide. Par désintégration et remplacement. Je te vois, je te vois plus. Oui plutôt, j’en vois un comme toi, pire que toi, à ta place.
La question de l’immigration.
Cette question est difficile, alors adoptons une démarche rigoureuse et décomposons :
Pourquoi la France n’a-t-elle pas de politique globale d’immigration ?
Quand la France en mettra une en place ?
Cela fait vingt ans que les Espagnols, les Italiens, les Allemands, les Anglais, se battent pour que la France se bouge enfin le cul. Pourquoi cela ? Mais tout simplement parce que résoudre au niveau national le problème de l’immigration transnationale n’a aucun sens ! Les immigrés maghrébins, pour arriver en France, doivent traverser la mer Méditerranée. Les immigrés Bosniaques, Kosovars, et Albanais, pour arriver en Angleterre (ou plutôt, à Calais, puisque c’est là qu’ils échouent, j’y reviendrai un peu plus loin) doivent passer les Alpes. Messieurs Mittérand puis Chirac ont eu beau nier cette évidence, elle n’en n’est pas moins vraie (et pourrait d’ailleurs servir d’argument à leur charge).
Mais non, la France a continué, à chaque vague d’immigration (définitive ou de passage), à coller des rustines, à corriger les corrections de lois injustes, sans réelle intention de régler le problème. A ouvrir des centres d’accueil-rétention-fichage-expulsion tel celui de Sangatte. Je peux en parler, je les ai vus prendre la ligne de train TER Arras-Béthune-Hazebrouck-Calais. Tous les jours j’en ai vus, eux et leurs passeurs, jouer au chat et à la souris avec la Police Nationale. Pas dangereux pour un sou (moins dangereux en tout cas que les membres de la milice privée de la SNCF oups, pardon, de la police ferroviare), mais déterminés et organisés, grâce à des passeurs mafieux conaissant parfaitement le terrain.
Chaque vague d’immigration amenait de nouvelles et stupides corrections des lois, de nouveaux Sangatte, de nouvelles injustices. Jusqu’à l’arrivée de M. Sarkozy, le Sauveur de la France, qui ferma Sangatte et régla le problème. Enfin, selon les médias. Dans les faits, les trains étaient encore plus bondés de clandestins qu’avant. Pire, c’est le premier à proposer une politique d’immigration globale : on flique de partout (à base d’empreinte ADN, histoire de faire entrer la France dans le XXIe siècle du nihilisme sécuritaire), on condamne des innocents à mort en les reconduisant dans leur pays d’origine, et on trie sur le volet les chanceux qui vivront, et ceux qui crèveront. Le modèle Auschwitz s’exporte, la preuve dans nos nouveau aéroports, plus vrai que nature.
Et cela semble logique : d’une part les Français votent massivement contre l’Europe et pour l’arrêt rapide de toute liberté de circulation des biens, des personnes et des capitaux (saufs s’ils sont d’origine mafieuse), et d’autre part ils trouvent une solution pour régler le “problème” de l’immigration transnationnale tout en refusant farouchement toute collaboration avec les nations frontalières.
Quelle nation formidable, vraiment. Liberté. Egalité. Fraternité.
Mais, afin qu’on ne me rétorque pas que, comme d’habitude, je critique sans adopter une démarche réellement constructive, en quoi peut bien consister cette politique d’immigration globale et internationnale, européenne ?
Eh bien, c’est relativement simple. Cela consiste en la formation d’un véritable bloc européen homogène, qui ouvrira la voie à une extension future, à la fois vers l’Orient et l’Asie, et vers l’Afrique. Le but ? La conquête du monde bien entendu. L’établissement d’une unité planétaire, qui n’est autre que l’étape ultime de ce que certains appellent mondialisation, d’autres globalisation, d’autres encore évolution c’est-à-dire chaos, désordre, entropie.
Oui, je suis pour l’abandon totale des nationalités européenne et la création d’une structure métanationale formant le bloc européen, qu’on pourrait éventuellement appeler Etats-Unis d’Europe.
Oui, je suis pour l’entrée de la Turquie dans cette structure, qui devra peut-être changer de nom par la suite. Son entrée sera facilitée par la très forte communauté Turque présente sur le territoire Allemand. De la même façon, l’entrée du Maghreb dans cette structure sera facilitée par la forte communauté maghrébine présente sur le territoire Français. Ces perspectives sont intéressantes pour tout le monde : l’Europe fédérée y verra un nouveau marché économique et politique, et ces nations y trouveront un point d’entrée vers un monde unifié et disposant réellement des moyens nécessaire pour garatir à chaque citoyen l’intégralité et la pérennité de ses droits inaliénables.
Seule une Europe forte, fédérée et intelligente peut sauver l’humanité des nihilisme capitaliste-libéral, marxiste-socialiste, national-socialiste (synthèse des deux premiers), et des totalitarismes que nous a légué le XXe siècle.

L’Europe est morte, vive l’Europe.
Cette idée d’Europe utopique n’a plus de rapport avec celle que pouvait avoir Napoléon ou quelques autres “conquérant”.
Les gouvernements fantôches “mafieusement” dirigés qui nous “guident” et “dirigent”, peuvent nous mener à une illusion de cohésion internationale. Aucune politique, qu’elle soit globale, nationale ou régionale ne prend en compte l’évolution de ses voisins.
Chacun avance la tête baissée, convaincu de Sa Vérité.
Avant de faire avancer et évoluer les situtations, il est important de savoir vers quoi nous avancons.
“Si nous ne trouvons pas, cherchons autre chose.” Tiré du morceau Europe de Noir Désir.
(J’ai plus la phrase exacte en tête).
Je sais que je ne fais pas avancé le débat.
C’est une simple réaction à chaud à ton texte.
Pas de jugement de ma part. Simple écrit completement subjectif.
Encore un peu de subjectivité et de léchages de bottes qui n’en est pas un, j’apprécie ce weblog.