Concert de soutien au Comité des Sans-Papiers lillois.

Publié par DecereBrain Mon, 01 Oct 2007 06:59:00 GMT

“Et c’est pas fini et ça continue
Vas-y Patron sers-moi un rêve
Je te le paierai en fous rires
Il est pas l’heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourrir.”
—Loïc Lantoine, A l’attaque

“Lille, le fief, le pays des socialos
La gauche carviard discriminante et démago”
—Ministère des Affaires Populaires, Lillo

“Ta gueule,
EST-CE QUE TU VAS FERMER TA GUEULE ?”
—Marcel et son Orchestre, Médiseuse

Hier après-midi, en ce Dimanche 30 Septembre 2007, les Lillois devaient choisir leur camp. D’un côté ceux qui, à 15:00 regardaient le match du XV de France, et de l’autre ceux qui assistaient aux concerts de soutien aux sans papiers, Place de la République (qui a d’ailleurs et d’après ce que j’ai pu comprendre, été renommée parvis des droits de l’homme depuis une dizaine de jours). Il va sans dire que j’ai regardé le match avant d’aller voir un peu ce qui se passait dehors ;).

Petit rapport des événements, et une tentative d’élargissement du débat par construction d’un point de vue hacker/cyberpunk sur la question suivra dans un billet prochain (besoin de temps).

Nous arrivons donc juste à la fin du set des Blaireaux, qui sortent un nouvel album, je me rends compte que ça fait bien cinq ou six ans que j’ai lâché la scène “chanson française” et que j’ai un peu de mal à m’y réaccomoder. C’est un concert de soutien, donc entre chaque artiste, nous avons droit à d’assomants discours plus ou moins lénifiants pendant le changement de scène (je passe, j’y reviendrai plus loin). Mais Loïc Lantoine monte sur scène, j’avoue avoir apprécié la perfomance de ce singulier duo chant et contrebasse, proche de trucs genre Arno, voire même Ferré. Ca parle de Sarkozy, ça parle du peuple, avec une voix défoncée et rauque, la poésie des “dingues et des paumés” d’Hubert-Félix Thiéfaine. Un regard d’anarchiste qui me semble anachronique mais avec lequel j’ai toujours du mal à rompre complètement, allez savoir pourquoi. “Vas-y Patron sers-moi un rêve, je te le paierai en fous rires.”

Arrivent Mon Côté Punk, avec une musique métissée rock/raï/oriental qui colle relativement bien à l’ambiance, le public réagit d’ailleurs très bien et ça commence à bouger un peu. Leur prestation ne me laisse cepandant pas un très grand souvenir, j’avoue ne pas me sentir très concerné par ce genre de musique, ne m’en veuillez donc pas de les passer un peu sous silence. De toute façon il est difficile de juger de la qualité d’un groupe sur un set d’une demie heure (oui, chaque artiste avait apparemment un temps de parole limité, ce qui se révèlera pour le moins gênant pour les deux artistes suivants).

Surpris par MAP. J’avoue que le rap-musette de Java me laisse complètement froid, par contre, et c’est une surprise, celui de MAP m’ai laissé un très bon souvenir, probablement le meilleur set de la journée. Encore que, rap-musette c’est un grand mot, c’est l’accordéon qui donne cet aspect rétro et populaire, c’est l’accordéon qui ancre ce groupe de hip-hop dans la culture populaire nordiste, c’est en fait cet accordéon qui assoit l’idendité du groupe. Lucidité et synthétisme me semblent les deux grandes facettes de leurs chansons : fierté de n’être qu’un “Lillo”, mais de l’être jusqu’au bout, de l’assumer et d’en faire une force, et d’oser métisser vingt-et-un siècles de culture et d’évolution afin de tracer une voie, et d’éclairer ce chemin.

Enfin, Marcel. Quatrième fois que je les voyais, en comptant le “fameux” concert de l’ouverture de Lille2004 (qui dura cinq minutes en tout et pour tout, et heureusement qu’ils n’ont pas joué, y’aurait eu des morts dans les mouvements de foule), une fois à Béthune et une fois à Auchel dans le Pas-de-Calais du bassin minier. Autant dire que j’ai été une nouvelle fois très déçu de leur prestation. Une demie heure de Marcel, même si c’est toujours aussi marrant, on reste sur sa faim… Rajoutons-donc un quatreième “d” à leur slogan “dance, déconne, dénonce” : déception.

Vient le moment de parler des discours de soutien au Comité des Sans-Papiers (CSP59). Un peu de vérité diluée dans de l’immonde généralisation politique, preuve que le nihilisme ambiant touche même les luttes les plus humbles et les plus directes. Critiquer la politique sarkozyste concernant l’immigration (clandestine ou pas), OK. Mais soyons clairs : nous voulons des arguments, un débat, pas des insultes gratuites devant un public de jeunes passablement éméchés (autant qu’un Nordiste peut l’être quand il fait la fête). Si tout le monde se foutait des discours, c’et avant tout parce que les orateurs étaient mauvais, peu constructifs et surtout peu préparés, ce qui je pense porte préjudice à leur image, malgré la forte mobilisation de cet été pour défendre les sans papiers en grève de la faim. Deux pauvres slammeurs ridicules (surtout le deuxième, un rasta tout bidon, genre Tonton David) pour compléter le tableau. Génial.

Globalement le message est bien mieux passé par les discours des musiciens que ceux des orateurs, tout simplement parce que les premiers se montraient bien plus intelligents que les seconds. Et c’est une chance parce que sinon, toute cette belle initiative aurait été peine perdue.

—-

Ah, avant que j’oublie, ce Mercredi 3 Octobre commence un cycle de conférences intitulé Les avant-gardes dans la première moitié du XXe siècle à l’Université Catholique de Lille (60 Boulevard Vauban), organisé par le Musée d’Art Moderne de Lille qui, vu qu’il est fermé pour rénovation jusqu’en 2009, poursuit ses activité en dehors de ses murs. Vous m’y croiserez si vous y allez.

Posted in  | Tags , , , , , , ,  | no comments | no trackbacks

Comments

Rétroliens

Utilisez le lien suivant afin d'envoyer un rétrolien depuis votre site:
http://decerebrain.weblogs.dg-sc.org/articles/trackback/10

Les commentaires sont désactivés